dimanche 27 juillet 2014

POUR COMPRENDRE LES NOUVELLES RADICALITES : le soulevement de la jeunesse d'Isidore Isou !!!



On peut dire que les jeunes entrent dans le « Parti » ; mais le système hérité est maintenu et ils entrent autant qu’ils défendent et non s’opposent. Ils pénètrent dans le complexe hiérarchique comme traîtres à la créativité, comme défenseurs de l’ordre écrasant et du principe de « tradition ».


L’ancienne révolution assise devient une exaltation de toutes les puissances établies, devant lesquelles normalement elle se reconnaît (..) on défend les valeurs autant qu’elles permettent de maintenir les vieux et non autant qu’elles ont permis aux hommes de rejeter les anciens. Les salons des indépendants s’instaurent contre les pires académies d’art étatisées.


Les croyances se muent en préjugés. Les vérités, certaines vérités deviennent de saintes vérités que « l'humanité » doit respecter contre les insolents. 


On interdit même, à partir d’une interrogation quelconque, de prouver les vérités par lesquelles on est écrabouillé ; les discuter c’est réveiller le doute dans les assises mêmes de l’échange. La répétition des actes et la perpétuité des propositions avalées durcit la couche d’infaillibilité…. 


Le conformisme de la dernière avant-garde mène à l’illuminisme figé, en deçà d’une nouvelle connaissance possible, donc à l’obscurantisme. Ces puissances actives ont derrière elles l’histoire comme une fatalité déterminée. Elles utilisent l’histoire acquise contre les jeunes ; les nouveaux venus sans histoire seraient capables d’en faire une autre (...)



L’idéologie des sédentaires, des arrivés, est une défense du circuit de production donné ; un respect précis des valeurs à l’intérieur desquelles et par lesquelles ils vivent, un manque de désir de connaître ce qui les a aidés à arriver ici. 


Il y a une volonté permanente d’ignorance, un entêtement hautain devant la nouveauté forgée au-delà de leur production.


Ils massacreront la découverte qui est la ruine de leur échange se croyant toujours les dirigeants capables d’offrir l’unique interprétation de l’histoire.



NB : les textes qui accompagnent ces différents clichés sont extraits du tome 2 du Soulèvement de la jeunesse d'Isidore ISou (Cick, 1949, 1971, pages 143/145)

1 commentaire:

JEAN-PIERRE GILLARD a dit…

Je trouve que parfois chez vous "Le Soulèvement de la jeunesse" d'Isou a bon dos.