jeudi 6 mai 2010

LE LETTRISME A BEAUBOURG : UN PEU, MAIS PAS TROP, SANS FOLIE ET SANS PASSION







Ne boudons pas notre plaisir malgré tout : le nouvel accrochage présente bien des intérêts et en particulier celui de voir exposés quelques trésors lettristes. Pourtant c'est au détour d'une travée, comme dissimulé, que se trouve le petit mur lettriste proposant les oeuvres de 4 artistes (Isou, Lemaître, Wolman, Brau) qui ne donnent pas nécessairement au visiteur non averti une image cohérente et significative de la substance esthétique et de la masse des oeuvres et des styles qui dorment ici ou là, ou ailleurs, dans l'attente de quelques curators audacieux. On notera juste que les deux oeuvres d'Isou exposées ont été acquises par le musée à 32 ans de distance (!!!) : cela laisse rêveur quand à la fortune du lettrisme dans les institutions publiques. La disparition d'un Francesco Conz ne s'en fait que plus durement ressentir. Par ailleurs, l'ensemble semble indéfectiblement tirer le lettrisme vers la littérature (des livres et des revues sont exposées : Ur, Ion, les éditions du centre de Créativité...), et la première période dite "héroïque". Nous ne pouvons qu'encourager les reponsables du Centre Pompidou à prolonger ce premier effort, et à enrichir leur fond afin d'offrir au moins une salle (voire davantage) à la mesure de cette avant-garde essentielle et à ses artistes (Isou, Lemaître, Wolman, Sabatier, Satié, Spacagna, Altman, et tant d'autres) qui à l'instar de Hains, Villeglé, Bacon ou encore Picabia méritent de venir enrichir les collections publiques et de contribuer ainsi à leur rayonnement.