On peut dire que les jeunes
entrent dans le « Parti » ; mais le système hérité est maintenu
et ils entrent autant qu’ils défendent et non s’opposent. Ils pénètrent dans le
complexe hiérarchique comme traîtres à la créativité, comme défenseurs de
l’ordre écrasant et du principe de « tradition ».
L’ancienne révolution assise
devient une exaltation de toutes les puissances établies, devant lesquelles
normalement elle se reconnaît (..) on défend les valeurs autant qu’elles
permettent de maintenir les vieux et non autant qu’elles ont permis aux hommes
de rejeter les anciens. Les salons des indépendants s’instaurent contre
les pires académies d’art étatisées.
Les croyances se muent en
préjugés. Les vérités, certaines vérités deviennent de saintes vérités que
« l'humanité » doit respecter contre les insolents.
On interdit même,
à partir d’une interrogation quelconque, de prouver les vérités par lesquelles
on est écrabouillé ; les discuter c’est réveiller le doute dans les
assises mêmes de l’échange. La répétition des actes et la perpétuité des propositions avalées durcit la couche d’infaillibilité….
Le conformisme de
la dernière avant-garde mène à l’illuminisme figé, en deçà d’une nouvelle
connaissance possible, donc à l’obscurantisme. Ces puissances actives ont
derrière elles l’histoire comme une fatalité déterminée. Elles utilisent l’histoire acquise contre les jeunes ; les nouveaux venus sans histoire
seraient capables d’en faire une autre (...)
L’idéologie des sédentaires, des
arrivés, est une défense du circuit de production donné ; un respect
précis des valeurs à l’intérieur desquelles et par lesquelles ils vivent, un
manque de désir de connaître ce qui les a aidés à arriver ici.
Il y a une
volonté permanente d’ignorance, un entêtement hautain devant la nouveauté
forgée au-delà de leur production.
Ils massacreront la découverte qui est la ruine de
leur échange se croyant toujours les dirigeants capables d’offrir l’unique
interprétation de l’histoire.
NB : les textes qui accompagnent ces différents clichés sont extraits du tome 2 du Soulèvement de la jeunesse d'Isidore ISou (Cick, 1949, 1971, pages 143/145)
1 commentaire:
Je trouve que parfois chez vous "Le Soulèvement de la jeunesse" d'Isou a bon dos.
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