mercredi 10 juin 2009

Manifestation(s) le 19 juin autour du travail de Frédéric Acquaviva


De Frédéric Acquaviva, on connait le travail passionnant de promotion des avant-gardes aussi bien sur papier (les publications chez Conz et la collection qu'il anime aux Editions Derrière la salle de bain ), que sur les ondes (quelques grands moments radiophoniques sur Chopin, Isou entre autres) , ou encore in situ (Wolman au CIPM, Isou à Besançon...). Mais Il n'en continue pas moins à sillonner les territoires insolites des musiques dites contemporaines ou actuelles en y invitant les artistes et écrivains qu'ils rencontrent (que l'on réécoute son travail avec Pierre Guyotat ! ). Les éditions Casus Belli et New Al Dante (le retour des éditions Al dante !) publient cette fois-ci 4 oeuvres sur support CD personnalisé par les interventions de plusieurs artistes : B. Heidsieck, Broutin, Jean Luc Parant, Maîtresse Cindy. Le 19 juin ces oeuvres seront présentées au public dans le cadre d'une installation polyphonique dans 4 lieux différents du VIème arrondissement de 18 h 00 à 21h00 et simultanément (Galerie Lara Vinci, Galerie Incognito, Librairie Mazarine, Libraire Archives) et les curieux pourront acquérir à cette occasion les CDs dont les prix varient de 1 à 100 euros. L'initiative est audacieuse et ambitieuse à l'heure où le marché du disque connait une crise structurelle liée à la dématérialisation via internet de la musique et voit ses ventes décliner d'année en année ; pourtant plus largement elle invite à réfléchir sur l'état de la production et de la diffusion de pans entiers du "domaine musical" qui peine à trouver sa représentation sur les ondes et dans les bacs des supermarchés culturels de type Fnac. Du côté des undergrounds qui veulent sortir de la marginalité, des laboratoires d'inventivité qui sont en attente d'un public, il n'y a guère d'alternative (et je n'oublie pas le travail formidable de Metamkine) que de faire sens et évènement et d'inscrire toute publication dans le cadre d'une manifestation qui transforme ce rituel obligé de l'industrie musicale en un moment unique polymorphe et tentaculaire (aux croisements des arts plastiques et de l'installation sonore). Pour en savoir plus :
. http://www.mouvement.net/site.php?rub=3&id=207852
Par ailleurs les Editions Derrière La Salle de Bains et la désormais incontournable collection Frédéric Acquaviva (qui vient de rééditer les Images à lire d'Alain Satié) seront présentes au Marché de la poésie du 17 au 21 juin, place Saint-Sulpice.



samedi 2 mai 2009

NO FUTURE ?





A cette jeunesse à laquelle on ne ne sait parler que de l'esprit de sacrifice et de désintérêt, nous offrirons des intérêts et des revendications urgentes. Et la jeunesse, l'unique masse révolutionnaire, existe, celles qui a toujours bouleversé ou été prête à bouleverser le monde, cette masse qui donne aujourd'hui des inquiets, des désespérés ou des assassins parce qu'elle est dégoutée de tous les systèmes qui prétendent la diriger, cette masse donnera des révolutionnaires à ceux qui défendent leur vie.
Isidore Isou, Lettrisme et Révolution de la Jeunesse in Revue Hikma, Février 1948




mercredi 29 avril 2009

INTERNET ET CREATION

Le projet de loi HADOPI revient pour une nouvelle lecture à l'Assemblée Nationale ; c'est l'occasion de prendre acte des enjeux que ce texte insuffisant et inapplicable pose malgé tout : révolution internet et statut de la création dans sa production et sa diffusion, financement de la production culturelle à l'heure du téléchargement gratuit... Au delà des postures caricaturales de type gauchisme infantile à fort relent de situationnisme réchauffé ("je veux tout pour rien" qui était encore il y a peu le mot d'ordre des actionnaires de tous les Cac40 du monde ), le flicage généralisé et les nombreux lobbies qui se disputent le terrain... L'association la Quadrature du Net a organisé une série de tables rondes autour du projet de loi Hadopi ; sur le site de cette association vous pouvez écouter les différentes interventions qui ont le mérite de mettre autour de la même table toutes les instances intéressées : artistes, sacem, juristes... et d'offrir des pistes de réflexion aux problématiques nouvelles qui se posent sur les plans juridiques, économiques, politiques et culturels.
http://www.libreacces.org/spip.php?article58 (surtout la deuxième conférence !)

lundi 27 avril 2009

VERS UNE SOCIOLOGIE DE LA CREATION ?

Dans le chaos des évènements et des discours, qui voient les libéraux d'hier battre leur coulpe et adopter des accents quasi léninistes (minc, attali et bien d 'autres naufragés de l'intelligence économique) et une gauche infantile (saluons ici Bernard Thibaut (CGT) et François Chéréque (CFDT) qui seuls ont su poser dans l'espace publique la question sociale en des termes pertinents : mais où sont donc la gauche ? le gouvernement ? Le patronat ?) applaudir chaque fois que les salariés désespérés s'en prennent à leurs dirigeants parce que in fine elle n'a rien à leur (nous) proposer pour répondre et surmonter les zones de turbulences présentes, quelques lectures ici et là, en rupture avec les dogmatismes hégémoniques du moment (non au marché oui à l'Etat !), méritent plus qu'une simple et bienveillante attention. Le petit livre de Norbert Alter L'innovation ordinaire (PUF) propose par exemple une analyse aboutie dans le cadre de l'entreprise de l'innovation considérée comme mouvement à la fois destructeur et créateur de nouvelles formes et pratiques (Schumpeter), il en étudie les incidences notamment en terme d'instabilité, les stratégies individuelles et collectives mises en place par les acteurs pour accompagner ce mouvement et en réguler les désordres mais aussi chez le(s) initiateurs du changement ce livre cherche à rendre compte des motivations que la seule rationalité économique ne peut épuiser (c'est là sans doute la partie la moins convaincante ; a contrario de ce qu'affirme l'auteur le détour par l'économie, notamment nucléaire, offre un éclairage essentiel) : une lecture passionnante, quoi que "technique" souvent (il s'agit d'un ouvrage de sciences humaines et non de vulgarisation) qui donne envie de se replonger dans la les oeuvres de Schumpeter. Quelques extraits du résumé suivent, il est à noter combien le point numéro 3 a des accents "isouiens" ; sans parler du Traité d'Economie nucléaire, il n'est quà relire l'article d'Isou publié par la revue Fontaine en 1947 ; dans ce premier bilan du lettrisme, Isou décrit la situation du groupe d'avant-garde, en des termes très proches, dans une situation conflictuelle à l'égard d'un marché organisé (dimension économique) et surtout d'un champ institué (la poésie) où il apporte le désordre en contestant les valeurs qui y dominent (dimension symbolique) et en introduisant par le scandale le loup lettriste dans la bergerie des moutons de la résistance et du surréalisme. Les résistances sont aussi nombreuses que les conformismes (éditeurs, journalistes, radios, critiques, et surtout les poètes eux-mêmes qui n'entendent pas voir disqualifiée leur "vieillerie" rentable symboliquement et économiquement) et Isou fixe ce qui ressemble fort à un programme d'action pour que lettrisme rentre en "vainqueur" dans la Cité.




Chapitre 1 : LA TRAJECTOIRE, DES INNOVATIONS.

1. Le passage de l'invention à l'innovation.
L'innovation diffère de l'invention, en le sens où elle représente la mise en œuvre de cette invention et son intégration dans un milieu social. C'est le processus selon lequel un corps social confronte les qualités théoriques de l'invention qui lui est proposée à la réalité et aux contingences du milieu d'où il agit. S'il se l'approprie, alors l'invention devient innovation, et les effets de sa mise en œuvre sont multiples.

2. Les séquences du processus.
Selon Joseph Schumpeter, le développement de l'innovation se fait en trois temps : C'est au départ le fait de quelques personnes qui prennent un risque par rapport aux routines en usage en élaborant de " nouvelles combinaisons " de ressources. C'est ensuite, une fois l'intérêt de ces nouvelles combinaisons démontré, l'apparition d'imitateurs " par grappe " qui viennent bouleverser l'ordre établi en les généralisant et en développant des innovations secondaires. Le troisième temps est caractérisé par un retour à l'ordre et par la définition progressive de nouvelles règles du jeu qui entérinent le nouvel ordre social issu de ces bouleversements. Ce développement peut être représenté par une courbe en S, correspondant à la diffusion de l'innovation. Nombre de travaux réalisés sur les innovations retrouvent ainsi un découpage en séquences, dont le nombre varie selon les auteurs et selon la nature des cas étudiés. Mais plus que le nombre de séquences, il est important, pour comprendre le déroulement du processus, de considérer ces étapes d'un point de vue social, irréductible à la seule logique économique, et mettant en jeu des effets de réseaux, de normes et d'action collective.

  1. Le conflit avec l'ordre.
    Avant de parvenir à l'inversion des normes, les acteurs de l'innovation se heurtent à l'ordre établi. Pour Schumpeter, c'est la figure de " l'entrepreneur " qui témoigne de cette lutte. Elaborant de nouvelles combinaisons, il subit des contraintes objectives, puisqu'il n'existe pas d'expériences antérieures lui permettant de conduire son action de façon " rationnelle " du point de vue de la gestion, subjectives, parce qu'il doit imaginer des situations pour lesquelles il ne dispose pas de repères, et enfin sociales, car dans cette action il se heurte à des partenaires routiniers dont il transgresse les normes. Ceci permet de comprendre les difficultés du développement de l'innovation, et la position particulière de l'innovateur, qui ne s'oppose pas aux buts poursuivis par la collectivité à laquelle il appartient, mais se trouve en situation critique par rapport aux moyens mis en œuvre pour les atteindre. Il doit composer avec l'ordre établi, quitte à dissimuler son action jusqu'à obtenir la reconnaissance sociale qui se traduit par l'inversion, complète ou partielle, des normes.
    Il se trouve donc, à un moment donné, en situation de déviance par rapport aux normes du groupe, passible de sanctions, sans pour autant être assuré d'obtenir la reconnaissance de son action. Comment peut s'expliquer cette prise de risque ?

Source : http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/alter.html#resume

jeudi 12 mars 2009

LE VENDREDI 13 MARS : De François Coppée à François Poyet

LES EDITIONS TRANSIGNUM
Ont le plaisir de vous inviter à la présentation de la

« PHARMACOPPEEFRANCOIS »
Action initiée par François POYET et Wanda MIHULEAC
Poètes Artistes
M.L.BAROS M.ALLIAUD- PLESSIS
F. H.DREVET K.BOULLOUD
F.CARON B.PRACHET GENOUD
S.CLANCIER M.EMDADIAN
M.BOCHIS M.BOCHIS
F.GEIER I.ECHARRI
R.GONNET I.ISAILA
G.LASCAULT A.KIRIMURA
W.LAMBERSY E.LARGO
D.LEUWERS P.LUCACI
J.H.MYSJKIN A.GOLICI
V.OISTEANU B.PLAIGE
L.SCHLESTER L.SAPHIR
A.SNYERS A.SNYERS
C.TRICOIT E.TOTORT
P.WILLIAMSON M.ANURA

Le vendredi 13 mars à partir de 18h
À la brasserie « Le François Coppée »
1, bl. Du Montparnasse 75008 Paris





dimanche 1 mars 2009

MAURICE LEMAITRE SUR LE WEB



Plusieurs sites nouvellement répertoriés sont à signaler : le site de Maurice Lemaître sur lequel sont présentés notamment des extraits audios et vidéos de son travail, et deux revues en ligne (La Revue Lettrisme International et la Revue d'Histoire du lettrisme) dirigées par Lemaitre. Dans le cadre du Centre de Créativité qu'il a fondé dans les années cinquante, il a publié de nombreux livres, textes, pamphlets, tracts, revues quasi confidentielles sur tous les thèmes où le lettrisme a avancé ses propositions... Ce Centre fut et reste tout à la fois un lieu de création artistique pointue ( que l'on pense ici à la mythique revue UR, deuxième série), de défense et illustration de l'avant-garde non sans de nombreuses polémiques, mais aussi de vulgarisation et de propagation à l'usage du simple curieux. L'ensemble nécessiterait à lui seul un Institut de recherche à temps complet afin de faire le bilan et de saisir dans la durée l'étonnante cohérence et richesse de ce qui fut avant tout un combat, une lutte pour que le lettrisme se voit enfin reconnu qu'il s'agisse du cinéma, de l'économie politique, de la poésie, du roman, des arts plastiques... dans ses apports originaux et dans l'impératif de création qui le porte. Lemaitre, toujours très actif, continue à y publier ses brûlots, qui mériteraient à eux-seuls d'être regroupés en un volume, contre ce monde "qui agace". Malheureusement les Institutions comme La Bibliothèque Nationale ne semblent guère se soucier de ce qui constitue sans doute une documentation unique couvrant un demi-siècle d'activité éditoriale qui éclaire maints aspects de l'avant-garde et du processus créatif. Ces deux revue en ligne pallient à leur manière ce défaut de vigilance des décideurs publics et il faut espérer qu'elles permettront de susciter quelques vocations parmi les jeunes chercheurs (secteur en crise parait-il).