http://www.libreacces.org/spip.php?article58 (surtout la deuxième conférence !)
mercredi 29 avril 2009
INTERNET ET CREATION
http://www.libreacces.org/spip.php?article58 (surtout la deuxième conférence !)
lundi 27 avril 2009
VERS UNE SOCIOLOGIE DE LA CREATION ?
Chapitre 1 : LA TRAJECTOIRE, DES INNOVATIONS.
1. Le passage de l'invention à l'innovation.
L'innovation diffère de l'invention, en le sens où elle représente la mise en œuvre de cette invention et son intégration dans un milieu social. C'est le processus selon lequel un corps social confronte les qualités théoriques de l'invention qui lui est proposée à la réalité et aux contingences du milieu d'où il agit. S'il se l'approprie, alors l'invention devient innovation, et les effets de sa mise en œuvre sont multiples.
2. Les séquences du processus.
Selon Joseph Schumpeter, le développement de l'innovation se fait en trois temps : C'est au départ le fait de quelques personnes qui prennent un risque par rapport aux routines en usage en élaborant de " nouvelles combinaisons " de ressources. C'est ensuite, une fois l'intérêt de ces nouvelles combinaisons démontré, l'apparition d'imitateurs " par grappe " qui viennent bouleverser l'ordre établi en les généralisant et en développant des innovations secondaires. Le troisième temps est caractérisé par un retour à l'ordre et par la définition progressive de nouvelles règles du jeu qui entérinent le nouvel ordre social issu de ces bouleversements. Ce développement peut être représenté par une courbe en S, correspondant à la diffusion de l'innovation. Nombre de travaux réalisés sur les innovations retrouvent ainsi un découpage en séquences, dont le nombre varie selon les auteurs et selon la nature des cas étudiés. Mais plus que le nombre de séquences, il est important, pour comprendre le déroulement du processus, de considérer ces étapes d'un point de vue social, irréductible à la seule logique économique, et mettant en jeu des effets de réseaux, de normes et d'action collective.
Le conflit avec l'ordre.
Avant de parvenir à l'inversion des normes, les acteurs de l'innovation se heurtent à l'ordre établi. Pour Schumpeter, c'est la figure de " l'entrepreneur " qui témoigne de cette lutte. Elaborant de nouvelles combinaisons, il subit des contraintes objectives, puisqu'il n'existe pas d'expériences antérieures lui permettant de conduire son action de façon " rationnelle " du point de vue de la gestion, subjectives, parce qu'il doit imaginer des situations pour lesquelles il ne dispose pas de repères, et enfin sociales, car dans cette action il se heurte à des partenaires routiniers dont il transgresse les normes. Ceci permet de comprendre les difficultés du développement de l'innovation, et la position particulière de l'innovateur, qui ne s'oppose pas aux buts poursuivis par la collectivité à laquelle il appartient, mais se trouve en situation critique par rapport aux moyens mis en œuvre pour les atteindre. Il doit composer avec l'ordre établi, quitte à dissimuler son action jusqu'à obtenir la reconnaissance sociale qui se traduit par l'inversion, complète ou partielle, des normes.
Il se trouve donc, à un moment donné, en situation de déviance par rapport aux normes du groupe, passible de sanctions, sans pour autant être assuré d'obtenir la reconnaissance de son action. Comment peut s'expliquer cette prise de risque ?
Source : http://www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/alter.html#resume
lundi 6 avril 2009
jeudi 12 mars 2009
LE VENDREDI 13 MARS : De François Coppée à François Poyet
Ont le plaisir de vous inviter à la présentation de la
« PHARMACOPPEEFRANCOIS »
Action initiée par François POYET et Wanda MIHULEAC
Poètes Artistes
M.L.BAROS M.ALLIAUD- PLESSIS
F. H.DREVET K.BOULLOUD
F.CARON B.PRACHET GENOUD
S.CLANCIER M.EMDADIAN
M.BOCHIS M.BOCHIS
F.GEIER I.ECHARRI
R.GONNET I.ISAILA
G.LASCAULT A.KIRIMURA
W.LAMBERSY E.LARGO
D.LEUWERS P.LUCACI
J.H.MYSJKIN A.GOLICI
V.OISTEANU B.PLAIGE
L.SCHLESTER L.SAPHIR
A.SNYERS A.SNYERS
C.TRICOIT E.TOTORT
P.WILLIAMSON M.ANURA
Le vendredi 13 mars à partir de 18h
À la brasserie « Le François Coppée »
1, bl. Du Montparnasse 75008 Paris
dimanche 1 mars 2009
MAURICE LEMAITRE SUR LE WEB

jeudi 26 février 2009
A PROPOS DE LA VENTE DE LA COLLECTION PIERRE BERGER
D'abord Pierre Berger est un "collectionneur" ; en ce sens l'ensemble proposé renvoie toujours moins à un souci historique et critique (point de vue universitaire qui doit guider l'action du chercheur) qu'à une histoire toujours très subjective entre un homme, un amoureux, et les œuvres qu'il a choisies d'acquérir pour enrichir un musée avant tout personnel. C'est donc moins l'exhaustivité que la cohérence propre que donne à voir une collection et l'ombre portée de son propriétaire, le collectionneur. Dans les admirations qui ont salué cette vente, transpirait comme le sentiment d'un malaise, la certitude que cette vente était un évènement parce que Pierre Berger représentait comme le spectre fascinant de la modernité, toujours brandie comme l'étendard ultime et toujours trahie, celui qui décide de consacrer ses moyens à l'acquisition d'œuvres d'art en suivant des oscillations intimes, une horlogerie des sens et du sens, qui ne trouvera à se satisfaire dans aucune des devantures des grandes enseignes qui polluent désormais les centres de toutes les capitales du monde. Certes il n'y a pas chez le collectionneur nécessairement de passion pure ou de finalité sans fin pour reprendre Kant mais le désir de possession solitaire narcissique ou d'ostentation aux yeux du monde n'épuise pas en un pitoyable bûcher des vanités sa démarche contrairement à d'autres.
Et d'ailleurs qui voudrait-on lui opposer ? Qui sont donc les "collectionneurs" aujourd'hui ? Éclectisme postmoderne, adhésion sans réserve à toutes les modes qui s'affichent avec grand tapage, j'imagine non sans mal à regarder les enchères sur Ebay les ventes du futur : les originaux des Comics Marvel, une édition dédicacée par Guy Ernest de la première édition de la Société du spectacle que l'heureux propriétaire n'aura jamais pris la peine de lire, un vinyl confidentiel de Joy division (pressage russe ou martien), une lettre de carla bruni à un plumitif des inrocks, un ticket de final du mondial de foot 1998, un vélib parisien... Bien sûr, je caricature à dessein mais les grands gagnants de la dérégulation mondiale (ceux qui en quelques années ont accumulé une richesse considérable avant de la perdre récemment) ont visiblement apporté autant de vide dans l'art, la culture, la création qu'ils en ont propagé dans l'économie et la finance au gré des bulles spéculatives. Portés par des valeurs "cools", "sympas" qui sont les deux visages acceptables de ce que Flaubert ou Baudelaire auraient méprisé en leur temps comme la forme accomplie de la médiocrité, beaucoup ont renconcé à la tradition toute bourgeoise du luxe de l'art lui préférant d'autres productions culturelles ou d'autres opportunités d'investissement (que l'on pense à la grande bulle immobilière, la bourse devenue folle), ou s'y jetant dans la plus grande confusion, sans ligne durable ni connaissance véritable d'ailleurs. Il faut saluer ici un Bill Gates qui s'il a brillé par ses pratiques hégémoniques dans le champ des nouvelles technologies a constitué sur le tard une remarquable collection de photographies dans un souci louable de cohérence historique. Mais il reste une exception.
Je me suis étonné dans un post récent du zèle de l'Etat français à préempter les restes de Guy Ernest Debord non qu'ils ne trouvent leur place au sein des institutions mais en raison de l'emballage grossier dans lequel il se trouvait présenté (presque un "monument de la pensée"). Je ne doute pas qu'il ne se trouve un fonctionnaire zélé pour courrir après la correspondance de Marc Levy dans quelques décennies comme d'autres se sont employés à récupérer les oeuvres si peu utiles d'Hervé Bazin. A ce tarif le moindre artiste branchouille ou quiddam qui se trouve éclairé par l'actualité (allons soyons people un peu tiens prenons miss Paris Hilton) cristallise sur lui un buzz spéculatif qui a bien peu à voir avec la création culturelle.
Si j'ai l'air d'attaquer plus particulièrement l'Etat c'est que lui même s'est depuis Malraux imposé cette obligation d'une exception "culturelle française" où l'Etat au local comme au national est amené à jouer un rôle décisif. Mais le désordre et la perte progressif du sens de la culture (que même un Guy Ernest regardait comme un symptôme significatif des "temps spectaculaires") n'afflige par seulement les nouvelles générations de fonctionnaires qui vont avoir à charge de maintenir l'ordre culturel existant en écartant la concurrence légitime mais aussi le champ privé des galeries et des collectionneurs. La suprématie anglo-saxonne et les ventes aux enchères ont quelque peu effacé le travail à long terme des galeristes, le souci comme en bourse de voir un rendement maximum sur un temps court ont conduit les novices à privilégier les "coups"... Les artistes pour espérer des débouchés adoptent les codes du temps présent pour espérer s'y voir reconnu en sacrifiant sans doute ce qui aurait mérité une réelle reconnaissance : audace, et originalité devant les icônes de ce temps.
Quant aux collectionneurs privés, il en existe encore et j'imagine sans mal les trésors de la Collection Eric Fabre ou celle du mécène très actif Francesco Conz pour en rester aux avant-gardes et heureusement d'ailleurs ! Face à un Etat et un marché qui n'ont aucune ligne directrice et matrice intellectuelle pour agir, le collectionneur reste un compagnon de route, de lutte qui partage avec les artistes qui enrichissent sa collection une communauté de destin... Quant à L'Etat c'est encore bien après la bataille qu'il vient enfin récupérer son du et toujours au prix fort, faute d'avoir été aux avant-postes au moment voulu ! Qu'il me soit ici permis d'évoquer le nom d'Elke Morenz décédée récemment qui représente sans doute la figure d'un collectionneur atypique au regard des valeurs dominantes aujourd'hui mais avertie et pionnière, qui a construit sur une vie une collection lettriste qui gagnerait sans doute à être exposée.
Enfin certains ont trouvé la juxtaposition des chiffres du chômage et des montants atteints par la vente "surréaliste" voir scandaleuse. Le vrai scandale au regard des modèles économiques suivis jusqu'à aujourd'hui reste dans une accumulation financière qui s'est construite contre le salariat exploité et paupérisé (les fameuses "réformes nécessaires"), contre l'outil économique lui même et l'innovation auxquels ont été préférées les sirènes de la Bourse, contre les jeunes qui voient leurs débouchés réduits (No future ! risque de devenir un slogan très en vogue prochainement ) en raison des choix de leurs ainés sans autre possibilité que la révolte comme en Grèce. Pour le reste, il y a bien in fine une économie de la création et une économie de la production qui explique le grand écart des rétributions ( de la barre chocolatée à un tableau de Matisse). Si les montants ont été à la hausse c'est en justement en raison de la crise mondiale : les acheteurs face à l'effondrement des pseudo-valeurs d'hier cherchaient sans doute davantage la stabilité que le risque (d'où Duchamp, Matisse, Chirico). Par ailleurs il y avait aussi une dimension éthique dans cette vente : Pierre Berger est un créateur et un entrepreneur qui a su imposer son travail, et a contribué à faire rayonner la France, à y créer des emplois, de la richesse au bénéfice de tous quoiqu'on puisse penser par ailleurs de son entreprise, de ses créations et de sa collection ! Bref, l'antithèse parfaite du Trader qui il y a peu encore était paré de toutes les vertus et jouissait de l'admiration unanime. A méditer.
