samedi 12 avril 2014
lundi 7 avril 2014
EXPOSITION MAURICE LEMAITRE ; DES SURPRISES, UNE CONSECRATION
Ne boudons pas notre plaisir, presque deux ans après le passage de Retz, le lettrisme revient à nouveau bousculer le petit monde de l'art parisien sous la forme d'une exposition toute entière consacrée à l'une des grandes figures du mouvement Maurice Lemaître. La Galerie Trigano réalise là un coup de maître puisqu'elle offre pour la première fois depuis bien longtemps (je n'ai pas connu l'héroïque période des années 60 et 70 !) un choix d'oeuvres qui donnent à la fois toute la démesure d'un artiste encore largement sous-estimé (si ce n'est pour sa puissance polémique) et d'un mouvement dont sauf erreur de ma part il n'a jamais cessé de se réclamer. Les habitués de la cinémathèque et de l'underground sont depuis longtemps au fait des subversions lemaîtriennes en matière de 7ème art, moins sans doute de son oeuvre plastique qui est ici présentée à destination d'un public plus large que le cercle très restreint des habituels sympathisants lettristes. L'exposition réserve plusieurs heureuses surprises. D'abord Lemaître excelle dans les grands formats ; les reproductions de qualité discutable (choix, taille...) dans les catalogues, les publications "maison" de Lemaître via le Centre de Créativité, ou les versions numériques disponibles sur le web ne donnent qu'une idée sommaire et souvent biaisée de la présence charismatique de certains tableaux. Lors de l'exposition au Passage de Retz j'avais été frappé en découvrant physiquement l'Epitaphe pour un Général inconnu par son architecture "en abyme", les grandes lettres/motifs d'un alphabet tout personnel appréhendent le réel par la polyphonie de ses signes et chacune d'elles devient à son tour un espace où se pressent sur le mode de la transcription, de la reprise (les clichés photographiques sortis de leur obligation figurative), du "détournement" épuré des forfaitures situationnistes les énoncés hypergraphiques pour une féérie qui entend dépasser le visuel et l'intellectuel, pour une forme supérieure qui réconcilie l'enfer (du sens, la puissance narrative et argumentative du langage) et le ciel (la lettre comme nouvel horizon formel) ; Ensuite, parmi les oeuvres exposées il s'en trouve quelques récentes, Lemaître continue donc à travailler, à créer ; je sais que certains voudraient enfermer le lettrisme dans un âge d'or durant lequel il aurait livré ses plus grandes batailles et donné à la postérité ses grands chefs-d'oeuvres avant bien sûr de céder la place à d'autres, peut-être est-ce là un impératif du marché de l'art... Loin de moi l'idée de minimiser cette "période héroïque" riche en théories et en expérimentations ; Mais l'exemple de Lemaître devrait nous inviter à méditer la leçon de Schumpeter ; l'innovation procède toujours par rupture et approfondissement. Isou ne s'est pas contenté de sa série Les nombres pas plus que Lemaître ne s'est arrêté aux planches de Canailles (qui ont bénéficié d'ailleurs d'un nouveau tirage pour l'occasion), l'oeuvre a sa propre temporalité ; la citation, la relecture, le commentaire sans fin, ajoute aux gestes initiaux une épaisseur exégétique et plastique que Lemaître peu soucieux des modes et des humeurs de l'époque ne cesse de nourrir à grands renforts de revues, de lettres, de manifestes, tracts, appendices, suppléments... depuis le début des années cinquante. C'est dire si ici tout se tient et si chaque pièce mérite d'être restituée dans la cohérence d'un work in progress monstrueux, tentaculaire qui poursuit et prolonge par la peinture une grammatologie ultime, dernier territoire connu avant le grand vide des temps postmodernes. Enfin, la monographie établie par Frédéric Acquaviva Lemaître, une vie lettriste (Editions de la Différence) confirme brillamment la formule de Bastiat "ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas" et y ajoute une dimension : "ce que vous n'avez encore jamais vu" ; le choix des reproductions présentées, la documentation réunie, en font l'introduction idéale à une oeuvre minorée, conséquente dans tous les sens du terme, et achèvent de faire de Lemaître ce classique qu'il est déjà.
http://galeriepatricetrigano.com/uploads/Communiqu___Lema__tre.pdf
Maurice Lemaître "être lettriste"
Galerie Patrice Trigano
du 3 avril au 16 mai 2014
75006 Paris
mardi 1 avril 2014
PORTRAIT DE MANUEL VALS, HERAULT DU NEOCONSERVATISME, UNE LETTRE PREMONITOIRE !
(texte publié le l1/01/2014 sur ce blog à l'occasion de "l'affaire Dieudonné")
Monsieur le Sinistre, Majesté
Monsieur le Sinistre, Majesté
Je
désespérais d'intéresser mes élèves zombifiés par l'insupportable
culture internet tout en buzz épidémiques aux grandes oeuvres de notre
belle France, à ses humanités classiques et ses audaces modernes, celles
qui contribuent encore à faire rayonner ce pays comme un soleil
libérateur à travers de noms magiques et incandescents : Montesquieu,
Voltaire, Rousseau, Hugo, Michelet, Zola, Peguy... Que d'incendies
salutaires allumer en leur nom ! Je vous avais jugé à tort, toutes mes
excuses Monsieur le Sinistre, je vous soupçonnais d'être coupable de
tous les rigorismes, je pensais que vous étiez un passager clandestin du
parti socialiste, une erreur de casting, un "faute de mieux" recalé à
droite sans doute en raison de votre posture d'employé des pompes
funèbres surveillant une hypothétique insurrection de cadavres à la
morgue. Quelle erreur ! Ces dernières semaines ont largement démontré à
quel point vous étiez un fin lettré et un homme politique avisé,
ambitieux, promis aux plus hautes fonctions de cette France Rance qui
avec vous s'avance décomplexée et conquérante. Quelle admirable leçon !
Depuis Malraux aucun homme politique ne s'était montré aussi féru
d'affaires littéraires et artistiques que vous ! Une vraie leçon à la
nation ! Pas un lycéen de notre heureux hexagone n'ignorera désormais
l'histoire terrible et drôle du Nègre du Surinam dont vous avez offert
ces dernières semaines une version toute personnelle, en mobilisant tous
les moyens de l'état et nos impôts, pour une chasse à cours qui a tenu
en haleine le pays tout entier, de manière bien plus efficace qu'un
télécrochet. Merci monsieur le Sinistre ! Votre Style, dont je ne sais
toujours pas s'il relève de la parodie, du drame authentique ou du gag, a
son public et sa ligne éditoriale. Dans cette traque au "mauvais nègre"
toujours aussi peu reconnaissant pour la bienveillance de ses maîtres,
vous avez renoué avec un genre littéraire tombé en désuétude, vos amis
les journalistes essaient pourtant d'en rallumer la flamme régulièrement
avec plus ou moins de succès : la persécution. Certes vous n'avez pas
atteint les sommets de l'affaire Calas ou de l'Affaire Dreyfus (ce n'est
qu'un échauffement, vous serez meilleur la prochaine fois avec les
roms), mais votre détermination en la circonstance a démontré que vous
aviez l'étoffe des grandes âmes engagées dans la défense
inconditionnelle des grands principes républicains : la liberté,
monsieur le Sinistre, la liberté... Mobiliser ainsi toute votre cour
médiatique et toute la puissance de frappe de l'état pour réduire au
silence un saltimbanque insolent, quel panache, Monsieur le Sinistre,
quel courage, on voit bien là que vous avez longuement médité la leçon
du capitaine Dreyfus même s'il ne s'est trouvé, hélas pour l' artiste,
aucun Emile Zola dans le paysage intellectuel français tout acquis à
votre combat et à la musique militaire qui l'accompagnait. Malgré ce
concert d'invectives et de haine sordide appelant à toutes les barbaries
contre ce "nègre marron" devenu subitement urgence nationale numéro 1,
je ne désespère pas d'entendre enfin les voix lointaines de Pierre Masse
et de Bernard Natan, leurs protestations venues du fond de la nuit et
de l'oubli. Vous connaissez Bernard Natan ? Sans doute votre
classicisme littéraire vous rend-il peu sensible à la modernité
cinématographique, d'autant qu'il s'agit d'une époque où le CNC tant
défendu par vos amis socialistes et pourtant crée sous Vichy n'existait
pas... Mais sa contribution au développement du Septième art mérite que
son nom ne s'efface pas de nos mémoires ; s'il fut le modernisateur
inspiré de l'industrie cinématographique française dans les années
trente, il fut payé en persécutions en calomnies, en diffamations, pour
sa réussite et son talent. Renseignez-vous, Monsieur le Sinistre, la
presse y brillait déjà par ses basses oeuvres... J'apprends que la vôtre
travaille plus ou moins de concert avec la police et l'administration
fiscale, pareille cohésion nationale ne peut que réjouir le contribuable
que je suis, j'ignorais que le Cameroun fût un paradis fiscal, mais
j'ai plaisir à voir que les services de l'Etat poursuivent avec une
inégale efficacité un propriétaire de plantations capillaires et un
"nègre marron" qui lui remplit les salles à chacune de ses tournées, ne
doit rien aux aides d'état ni à la servitude télévisuelle...
Monsieur le Sinistre, permettez-moi, pour finir, de vous conseiller sur quelques points de votre carrière qui s'annonce déjà élyséhaine. Vous êtes l'homme providentiel que la gauche n'attendait plus, sa part inavouée, son impensé honteux... vous pouvez réaliser cette mutation historique que votre ancien secrétaire aujourd'hui résident du pouvoir peine à assumer. Cette bourgeoisie qui dans les grandes villes et dans les médias s'affiche toujours "de gauche" en pleurant sur le sort de territoires perdus où elle ne voudrait jamais vivre, ces demandes d'ordre et de sécurité qu'elle fait entendre malgré la dilapidation hédoniste de son fort pouvoir d'achat, ce culte étonnant pour l'état et ses sévices publics dont elle n'a pas besoin mais qui tiennent les "classes dangereuses", les petites gué-guerres néo-coloniales que la France mène actuellement dans tous les Surinam avec la bénédiction des officiants du Nouvel Inquisiteur, ces pauvres qui vous fuient, ces riches qui sont vos meilleurs amis... Inutile de chercher à droite un néo-conservatisme à la française, vos amis le portent déjà en eux tel un alien logé dans le ventre du lieutenant Rippley, mais ces naïfs perpétuent insouciants l'illusion de leur jeunesse révolue ; ils vivent encore de manière parasitaire sur les noms de Blum, Jaurès, sur les mythes de 36 et de mai 68 alors qu'ils sont foncièrement conservateurs : places, rentes, prestige, pouvoirs, ils ne renonceront à rien et pourraient se révéler non sans état d'âme les premiers à demander l'intervention de l'armée en cas de soulèvement populaire. Mais Monsieur le Sinistre, vous êtes loin de tout cela, cette ascèse intérieure, ce patient cheminement vers la sortie du socialisme, vous l'avez modestement réalisé, en secret, en observant vos amis engagés en politique, vous pensez que la France leur ressemble un peu ; ils vieillissent, sont heureusement plus argentés qu'en début de carrière, ils possèdent un patrimoine, des enfants, une ou plusieurs femmes, des maîtresses ou des amants, des charges courantes à honorer, un train de vie non négociable, ils s'inquiètent quand ils voient ces jeunes gens surexcités massés dans l'attente d'un spectacle qui n'aura finalement pas lieu, ils ont peur... ils sont prêts, Monsieur Le Sinistre, montrez leur la voie !
un vilain qui vous écrit de sa vilenie
Monsieur le Sinistre, permettez-moi, pour finir, de vous conseiller sur quelques points de votre carrière qui s'annonce déjà élyséhaine. Vous êtes l'homme providentiel que la gauche n'attendait plus, sa part inavouée, son impensé honteux... vous pouvez réaliser cette mutation historique que votre ancien secrétaire aujourd'hui résident du pouvoir peine à assumer. Cette bourgeoisie qui dans les grandes villes et dans les médias s'affiche toujours "de gauche" en pleurant sur le sort de territoires perdus où elle ne voudrait jamais vivre, ces demandes d'ordre et de sécurité qu'elle fait entendre malgré la dilapidation hédoniste de son fort pouvoir d'achat, ce culte étonnant pour l'état et ses sévices publics dont elle n'a pas besoin mais qui tiennent les "classes dangereuses", les petites gué-guerres néo-coloniales que la France mène actuellement dans tous les Surinam avec la bénédiction des officiants du Nouvel Inquisiteur, ces pauvres qui vous fuient, ces riches qui sont vos meilleurs amis... Inutile de chercher à droite un néo-conservatisme à la française, vos amis le portent déjà en eux tel un alien logé dans le ventre du lieutenant Rippley, mais ces naïfs perpétuent insouciants l'illusion de leur jeunesse révolue ; ils vivent encore de manière parasitaire sur les noms de Blum, Jaurès, sur les mythes de 36 et de mai 68 alors qu'ils sont foncièrement conservateurs : places, rentes, prestige, pouvoirs, ils ne renonceront à rien et pourraient se révéler non sans état d'âme les premiers à demander l'intervention de l'armée en cas de soulèvement populaire. Mais Monsieur le Sinistre, vous êtes loin de tout cela, cette ascèse intérieure, ce patient cheminement vers la sortie du socialisme, vous l'avez modestement réalisé, en secret, en observant vos amis engagés en politique, vous pensez que la France leur ressemble un peu ; ils vieillissent, sont heureusement plus argentés qu'en début de carrière, ils possèdent un patrimoine, des enfants, une ou plusieurs femmes, des maîtresses ou des amants, des charges courantes à honorer, un train de vie non négociable, ils s'inquiètent quand ils voient ces jeunes gens surexcités massés dans l'attente d'un spectacle qui n'aura finalement pas lieu, ils ont peur... ils sont prêts, Monsieur Le Sinistre, montrez leur la voie !
un vilain qui vous écrit de sa vilenie
lundi 10 mars 2014
DE LA MISERE EN MILIEU EXTERNISTE.... LE JOURNAL LE MONDE DECOUVRE LE SOULEVEMENT DE LA JEUNESSE !
"Besoin d'expression étouffé. Frustrations de ne pas avoir de place, de n'obtenir aucune reconnaissance sociale, de ne pouvoir devenir des citoyens à part entière, dotés d'un travail et d'un logement. Trajectoires déviées parce que l'emploi trouvé ne correspond pas aux études. Craintes pour l'avenir. Défiance vis-à-vis du politique… « Ce sentiment d'être privés de l'essentiel constitue un terreau fertile à la contestation. »
Jamais la jeunesse, en France, n'a été aussi éduquée. Lorsqu'ils sont
chômeurs, stagiaires, coincés dans l'intérim, ces enfants de la
démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement
informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D'où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l'épreuve sociale qu'ils traversent. « Un nous'' pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »
dimanche 2 mars 2014
dimanche 23 février 2014
Monsieur Le sinistre devrait lire au plus vite Le Soulèvement de la Jeunesse...
"Cette violence venant de cette ultra gauche, de ces Black Bloc, qui sont originaires de notre pays mais aussi de pays étrangers, est inadmissible et elle continuera à trouver une réponse particulièrement déterminée de la part de l'État", (Manuel Vals à propos des violences survenues lors de la manifestation à Nantes organisée contre la construction de l'aéroport Notre-Dame-des-Landes ce samedi
source de l'image : SEBASTIEN SALOM-GOMIS / Sipa Press sur Le Point.fr)
vendredi 21 février 2014
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