samedi 25 février 2012

POSTERITE LIBERTARIENNE DU SOULEVEMENT DE LA JEUNESSE

"Mais plus encore que les droits des parents, ce sont les droits des enfants qui ont été violés par les hommes de l'état. Les lois sur l'obligation scolaire, qui pullulent depuis le début du siècle aux États-Unis, forcent les enfants à fréquenter les écoles publiques ou les écoles privées qui ont la faveur des hommes de l'état. Prétendument humanitaire, la législation sur le travail des enfants a systématiquement, et par la force, interdit à ceux-ci d'entrer sur le marché du travail, pour le plus grand bénéfice de leurs concurrents adultes. Empêchés par le force de travailler et de gagner leur vie, forcés de fréquenter des écoles et auxquelles ils sont mal adaptés, les enfants sombrent fréquemment dans la délinquance, ce dont les hommes de l'état prennent ensuite prétexte pour les enfermer dans des institutions pénales appelées "institutions spécialisées". (...) Les "crimes" de ces enfants ont consisté à exercer leur liberté - école buissonnière, "incorrigibilité", fugues- de manière suspecte aux yeux des marionnettes de l'Etat." (in L'éthique de la Liberté, Murray Rothbard, 1991, Les Belles Lettres)

mercredi 22 février 2012

EXPOSITION ISIDORE ISOU A STOCKHOLM !

On se souvient de l'exposition organisée par François Poyet à L’institut culturel Roumain en 2007 à Paris ; les centres culturels français n'ont plus le panache et l'audace qui ont assuré leur rayonnement mondial autrefois, l'austérité budgétaire est désormais la règle, et nous ne sommes pas prêts d'y voir briller les trésors du lettrisme. Heureusement, de nouveaux pays ont eux bien compris l'intérêt de promouvoir la culture hors des frontières nationales dans ce nouveau monde globalisé. L’institut Culturel Roumain de Stockholm organise ainsi sous l'égide de Frédéric Acquaviva une manifestation qui présente les planches originales de ses trois grands romans hypergraphiques : Les journaux des Dieux (1950), Initiation à la haute volupté (1960) et Jonas ou la naissance d'un roman (1984). Ce petit évènement auquel sont associés Gérard Broutin (l'éditeur de Jonas) et Jonas Jamesson mérite le détour (par avion, bateau , vélo ou tel un Rimbaud des temps post-modernes à pieds), il rend à la révolution hypergraphique d'Isou toute sa radicalité et sa puissance d'invention. Cette œuvre essentielle, presque clandestine, reste un visage encore trop méconnu du moderne et du contemporain, un must pour les uns ! une leçon pour les autres ! une initiation pour le plus grand nombre à l'envers voluptueux de l'histoire de l'art ! un rendez-vous qui fera date et qui devrait ravir le public le plus pointu autant que l'amateur de Bd et de graffs !

du 23 février au 17 avril

http://www.icr.ro/isidore_isou_hypergrafiska_romaner

lundi 13 février 2012

NEWS FROM AQUAVIVA : LIVE ACTIONS FOR DEAD CITY !

EXHIBITIONS....................................................
L E T T R I S M E...............................




samedi 4 février 2012

Economiquement fiable ou faible ?

L'annonce de l'entrée prochaine en bourse de Facebook a de quoi faire tourner bien des têtes et on est en droit de s'interroger sur la nature spéculative des montants revendiqués. Beaucoup se souviennent en effet de la première "bulle" internet et de la crise qui s'en est suivie. Mais les temps changent et la réussite indéniable de ce "gamin" génial est à mettre en perspective avec quelques autres informations économiques plus locales : le Président français s'est ainsi félicité de voir les très onéreux "rafales" trouver enfin preneurs (en l'occurrence l'Inde). Jusqu'à présent ce "bijou", cette "réussite" du savoir-faire industriel français n'avait guère convaincu dans le monde ; avant de sabrer le champagne il paraît prudent d'attendre confirmation de la commande, les vicissitudes de la vie économique n'ayant guère épargné le coûteux volatile par le passé. Dans le secteur de l'automobile, par contre, les résultats ne sont guère encourageants, le volume des ventes réalisées affiche une baisse significative de grosso modo 24% au mois de janvier, l'effet "prime à la casse" n'opère plus et détail cruel, les marques françaises en font les frais tandis que Wolswagen peut envisager l'avenir bien plus sereinement. Dernier détail au tableau : la colère des salariées de Lejaby en lutte pour sauver leur entreprise et leurs emplois. L'intervention des politiques, dans une période électorale, a sans doute pesé dans la participation de Bernard Arnault au plan de reprise, une solution économiquement sérieuse a été trouvée, pour combien de temps ? Voici en quelques lignes l'esquisse d'un monde en pleine transformation avec ses gagnants et ses perdants. La cotation en bourse de facebook est un signal envoyé au marché : voici LA valeur, voici les opportunités de croissance de demain. L'immatériel facebook est la nouvelle terra incognita qui possède en grandes quantités le "nouvel or noir" de l'économie numérique, l'information. Ce point est largement relayé par la presse économique qui souligne aussi combien les nouvelles technologies et leurs performances toujours plus grandes permettent de réaliser des gains de productivité considérables en affinant toujours plus les données par des systèmes sophistiqués de classements, profils, regroupements, dont une partie est réalisée par les internautes eux-mêmes. N'en déplaisent aux technophobes et anticapitalistes de gauche comme de droite, il ne s'agit pas seulement de faire des réseaux sociaux comme Facebook une vitrine pour vendre des espaces publicitaires, d'y appliquer les mêmes recettes qu'à la télévision (taux d'audience et matraquage publicitaire en conséquence). Certes pour l'instant cette logique sauvage domine : le tout gratuit (collectivisme généralisé) cohabite avec un capitalisme sans "entrave" ni "temps morts" qui fait du buzz et de la "connectométrie" la source de revenus publicitaires confortables (le boss de megaupload pourrait nous renseigner sur ce sujet !). Cette part de la publicité n'est pas à négliger, elle devrait permettre de financer la création et les créateurs puisqu'ils fournissent l'essentiel des contenus qui assurent au géant Google par exemple sa prospérité. Mais les enjeux essentiels pour facebook et plus généralement l'économie numérique se jouent ailleurs : Ma page facebook pèse moins économiquement que celle par exemple de telle ou telle gloire du hip/hop ou de la variété électronique. Mais pourtant elle génère à la marge une richesse ("quelques dollars") et plus en profondeur elle participe à son échelle à la constitution d'une nouvelle division du travail dont les retombées économiques sont importantes en dehors de la toile : gestion ET études des données, recherche et innovation dans l'offre ce services et de réseaux (et pas seulement pour vendre des voitures !) car les informations "travaillent", le réseau social ne se contente plus d'enregistrer les inscriptions, il agit et interagit, élabore des scenarii, l'intelligence sociale numérique est le contrepoint d'une révolution technologique qui conduit à une nouvelle division du travail non plus en termes de marchés majoritaires mais en termes de niches avec ses services et protocoles spécifiques, ses créateurs et spécialistes... Facebook compte aujourd'hui 3000 salariés, combien demain ? La situation française se situe à l'arrière-garde de cette "grande transformation" ; ses succès économiques renvoient à un capitalisme de grands-pères et de grandes entreprises privées sur le modèle des Trente-glorieuses, elles doivent leurs succès à leur proximité avec l'État (Dassault, Bouygues par exemple). Sans le soutien de ce dernier on imagine mal ces mastodontes survivre à la concurrence des créatifs et des innovants. On comprend dès lors les diatribes des libéraux contre les interventions de l'État accusé de protéger les rentes de situation, de bloquer la dynamique de l'offre par l'organisation de quasi-monopoles pesant sur les principaux marchés de biens et de services. La réussite de Facebook démontre a contrario la pertinence d'un small business act qui n'a pas les contraintes des grandes bureaucraties d'entreprise ou d'état, cette aventure menée par un entrepreneur/outsider sans titre de légitimité à la périphérie des grands échanges a très vite crée la possibilité d'un nouveau marché, de nouvelles opportunités d'investissement qui désormais vont mobiliser les ressources jusque là allouées ailleurs. Comme l'écrivait très justement Von Mises : "S'il était possible de calculer l'état futur du marché, l'avenir ne serait pas incertain. Il n'y aurait ni perte ni profit d'entrepreneur. (...) Le jugement entrepreneurial ne peut s'acheter sr le marché. L'idée entrepreneuriale qui supporte et amène le profit est précisément l'idée que n'a pas eue la majorité. Ce n'est pas l'anticipation correcte qui produit les profits mais l'anticipation meilleure que celle des autres. Le trophée ne va qu'aux dissidents, qui ne se laissent pas égarer par les erreurs qu'accepte la multitude. Ce qui fait apparaître des profits, c'est de pourvoir à des besoins futurs pour lesquels les autres ont négligé de prendre les dispositions adéquates" (in Abrégé de L'Action Humaine, Les Belles Lettres, 2004, p.58/59)
Voilà qui devrait faire méditer les tenants de la néo-planification "durable", de la relance par les emplois aidés ou ceux du "travailler plus pour gagner plus" car il ne sert décidément à rien de surtravailler dans des secteurs voués à disparaître très vite dans le flux des échanges mondialisés.

lundi 23 janvier 2012

NI PETROLE, NI IDEES ?


Les échéances présidentielles prochaines, avec toutes les limites qu'un tel exercice comporte dans le contexte français, seront l'occasion de porter de réelles propositions réformistes dans un paysage politique en ruines. Ce pays en effet ne cesse de perdre sur tous les tableaux (éducation, croissance, emploi, inégalités, recherche...) et se découvre malgré tous les caches-misères de droite comme de gauche enfin dans sa nudité misérable. Le réveil est douloureux et la population doute, cède à tous les vieux démons, après avoir été anesthésiée par les conservatismes de l'UMP et du Parti Socialiste ; mais les vieilles ficelles ne font plus illusion : avec toutes ses rustines, ses "gris-gris » et ses slogans creux , la classe politique est trop longtemps restée en deçà des défis et enjeux qui s'imposent maintenant à tous dans l'urgence, chacun rivalise désormais en propositions qui promettent autant de reculs et de désenchantements pour demain : politique anti-immigrés à droite dont le summum avait été atteint avec la circulaire du triste Guéant dirigée contre les étudiants étrangers, fiscalité privilégiant la rente (le bouclier fiscal) à l'investissement, défiscalisation des heures supplémentaires alors que le chômage n'a jamais été aussi fort, multiplication des sommets européens sans aucune perspective de relance, multiplication des pôles de compétitivité condamnés à l'inefficacité en raison de la dilution des moyens mis en œuvre... Mais la gauche n'a pas démérité en matière d'indigence intellectulle et elle s'est montrée toute aussi prolixe en poncifs éculés qui ont finit par ruiner sa crédibilité auprès d'un électorat davantage conscient des effets inexorables de la mondialisation, de sa complexité devant laquelle le pouvoir politique semble démuni ou résigné : maintien du pouvoir d'achat par des politiques redistributives jamais financées, augmentation du nombre de fonctionnaires sans incidence sur l'amélioration des services publics, béquilles couteuses à l'efficacité douteuse comme les emplois-aidés, la réduction du temps de travail, désignation de cibles faciles (les « riches », la « finance » mondialisée). Les entreprises ferment les unes après les autres, laissant des salariés à leur colère, la désindustrialisation de la France n'est plus un sujet tabou, le système éducatif laisse des milliers de jeunes dans l'échec et ne garantit plus aux heureux gagnants de sa compétition impitoyable et de sa sélection la possibilité de trouver une place à la mesure des espérances et des efforts fournis, le ressentiment monte et les exigences de nos compatriotes en matière économique n'ont jamais été aussi grandes.

C'est dans ce contexte que la candidature de François Hollande s'est peu à peu imposée. Avec lui, les plus réformistes du Ps, ceux acquis depuis longtemps à la nécessité d'un socialisme renouvelé, inspiré par les exemples de la social-démocratie, peuvent donner au Ps cet horizon nouveau pour la présidence qui vient ; les Cahiers se réjouissent de voir que le candidat vainqueur à la Primaire a fait de la Jeunesse sa priorité, alors que la ligne aubriste s'efforçait de réactiver les spectres de la période héroïque du socialisme bedonnant. Les enfants révoltés de mai 68 ont bien vieilli et peinent à s'émanciper de leurs vieilleries mythologiques (la réduction du temps de travail qui a connu son heure de gloire avec la CFDT dans les années 70 comme point d'orgue des Trente Glorieuses et de leur insolente croissance) sans compter qu'ils assument sans doute difficilement de représenter aujourd'hui une bourgeoisie qui vit des rentes d'un modèle social qu'elle a contribué à installer et qu'à l'égard des outsiders et des loosers de son meilleur des mondes elle n'a guère de solutions innovantes à proposer. Laissons les à leurs cadavres... La fracture générationnelle, bien plus que le vieux clivage de la lutte des classes traverse la société ; les logiques de rente paralyse, bloquent les entrants qui découvrent un monde où l'immobilisme est la garantie pour ceux qui ont une place de pouvoir en conserver la jouissance, même si cela se paie d'un statu quo qui finit par détruire même l'idée d'un bien commun et de « vivre ensemble ». François Hollande et son équipe semblent décider, encore trop timidement, à redonner un sens au « rêve français » en conjuguant un sens des réalités inattendu et l'engagement de donner aux générations qui viennent la chance d'un avenir. Bien des réformes devront être entreprises et négociées, certaines ne manqueront pas de hérisser l'électorat socialiste classique et son culte de l'État Providence, de sa bureaucratie, mais nous ne pouvons que soutenir un projet dont nous pensons qu'il peut décliner dans un même moment réformiste inédit en France la question de la jeunesse et de son avenir, la réforme de l'État providence et une dynamique économique de croissance à condition d'aller plus loin dans une libéralisation de la vie économique, au profit des jeunes, des outsiders. Saluons enfin en François Hollande un leader socialiste qui réinscrit la nécessité de l'Europe, contre toutes les tentations protectionnistes et populistes qui trouvent en ces temps d'austérité, hélas, de nombreux défenseurs à gauche. Plus que jamais le "protégisme juventiste" qui semble guider aujourd'hui le Parti socialiste et l'urgence d'un nouveau modèle économique inscrivent l'économie nucléaire d'Isidore Isou comme une référence incontournable de cette période de turbulence et de transformation.





mardi 13 décembre 2011